mercredi 10 décembre 2014

Il n’est pas nécessaire qu’une disposition contractuelle spécifique impose un devoir de renseignement pour que les cocontractants y soient tenus

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

Nous avons déjà discuté du fait que le devoir d'information en matière contractuelle découle du devoir de bonne foi qui s'impose à toutes les parties contractuelles. Ainsi, nul besoin de constater l'inclusion d'une disposition contractuelle spécifique pour conclure à l'existence de cette obligation comme le souligne la Cour supérieure dans Garadex inc. c. Unique (L'), assurances générales Inc./Unique (L)', General Insurance (2014 QCCS 5787).

Le fait pour un juge de recevoir le plaidoyer de culpabilité d'un co-accusé n'engendre pas de crainte raisonnable de partialité pour les autres

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

Discutons droit criminel ce matin alors que nous attirons votre attention sur l'affaire Brunet c. Legault (2014 QCCS 5929) où l'Honorable juge Marc-André Blanchard devait se prononcer sur la question de savoir si le juge qui reçoit un plaidoyer de culpabilité de la part d'un co-accuse peut continuer à entendre la cause contre les autres accusés ou si de telles circonstances donnent lieu à une crainte raisonnable de partialité.
 

mardi 9 décembre 2014

Judicial review, procedural fairness, legal fictions... and why I still don't agree with Professor Daly

by Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman LLP

A few weeks back, in a moment of foolish courage, I decided to take on two leading voices in the field of administrative law - Professor Paul Daly and Justice David Stratas - on the issue of the standard of review applicable to procedural fairness. Last week, Professor Daly responded to my post on Administrative Law Matters. His response was well-reasoned, logical and well-written. So, obviously, I intend to present my counter-point in my usual rambling fashion.
 

La grande étendue des pouvoirs de gestion de l'instance à l'égard d'une demande d'injonction interlocutoire

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

Proportionnalité et saine gestion de l'instance sont les mots d'ordre contemporain en matière de procédure civile. C'est ce que nous rappelle la Cour d'appel dans la décision rendue dans l'affaire Uashaunnuat (Innus de Uashat et de Mani-Utenam) c. Québec (Procureure générale) (2014 QCCA 2193) où elle souligne que les pouvoirs de gestion d'instance d'un juge de la Cour supérieure à l'égard d'une demande d'injonction interlocutoire sont très étendus.
 

lundi 8 décembre 2014

Les tribunaux peuvent-ils forcer une personne à présenter une lettre d'excuses? Probablement pas.

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

Nous avons déjà discuté dans le passé des doutes importants qu'avait émis la Cour d'appel à l'égard de la possibilité pour les tribunaux de forcer quelqu'un à s'excuser. C'est pourquoi nous revenons cet après-midi sur l'affaire Thibeault c. Ramoul (2014 QCCS 5793) puisque l'Honorable juge Micheline Perrault traite de la question et en vient à la conclusion que ce genre d'ordonnance ne devrait pas être émis.
 

Particulièrement en matière de liberté d'expression, l'injonction n’a pas et ne saurait avoir un but préventif

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

Nous avons discuté dans le passé de la grande difficulté à appliquer les principes généraux relatifs aux injonctions à la liberté d'expression, et ce parce qu'on ne peut retreindre d'avance que des propos précis et seulement dans des situations d'une clarté extrême. l'Honorable juge Micheline Perrault a donc raison selon moi de souligner, dans Thibeault c. Ramoul (2014 QCCS 5793), que l'injonction en matière de liberté d'expression ne peut avoir un but préventif.
 

dimanche 7 décembre 2014

NéoPro: le législateur veut-il des défenses écrites plus détaillées?

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

Nous avons déjà souligné que le législateur fait maintenant de la défense orale la règle et la défense écrite l'exception. Il semble cependant que le législateur se montrera plus exigeant en terme de contenu de la défense écrite puisque le nouveau Code de procédure civile indique que la dénégation d'un fait doit être justifié. Serait donc chose du passé les allégations dans une défense qui indiquent simplement que "le paragraphe X de la requête d'instance est nié".

Dimanches rétro: l'importance de distinguer vices cachés et fausses représentations

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

Une des questions que l'on me pose le plus souvent est celle de savoir si le régime applicable aux vices cachés/vices apparents peut faire obstacle à un recours en cas de fausses représentations. La réponse à cette question est non. Lorsque l'assise du recours est l'existence de fausse représentations, l'on n'a pas à se demander si l'acheteur aurait dû constater l'existence du vice par exemple. Ce principe a clairement été énoncé par la Cour suprême en 1952 dans Lortie c. Bouchard ([1952] 1 R.C.S. 508).

samedi 6 décembre 2014

Par Expert: l'expertise doit annoncer un sujet pour que l'expert puisse en témoigner

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

Les tribunaux québécois ne se montrent pas très exigeants à l'égard de la forme et du contenu d'un rapport d'expertise. Reste que ce rapport doit quand même annoncer les sujets dont traitera le témoignage d'un expert au procès. C'est ce que soulignait la Cour d'appel dans Droit de la famille - 1618 (1993 CanLII 4398), où elle maintenait une objection à la preuve d'expert alors que le témoin expert tentait à la barre de contredire un rapport adverse dont il ne traitait pas dans son rapport.

La veille juridique: nos billets préférés de la semaine du 30 novembre 2014

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

Chaque semaine, nous attirons votre attention sur nos billets préférés de la blogosphère juridique canadienne (et parfois américaine) dans l'espoir de vous faire découvrir d'autres blogues juridiques intéressants et pour encourager la libre circulation de l'information juridique. Il va de soi que le fait que je trouve un billet intéressant n'implique en rien que je sois en accord (ou en désaccord d'ailleurs) avec son contenu. Alors que je tente de rester calme face à la première léthargie du Canadien... :
 

vendredi 5 décembre 2014

Jugement étranger et preuve de signification

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

La Cour d'appel vient de rendre une décision importante en matière de droit international privé dans l'affaire Yousuf c. Jannesar (2014 QCCA 2096). En effet, la Cour vient répondre à la question suivante : un jugement étranger rendu par défaut indiquant que la signification a valablement été faite aux parties défenderesses fait-il effectivement preuve de ce fait ? La Cour répond par la négative.
 

On ne peut mettre de côté le voile corporatif lorsque cela nous convient

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

Court billet en ce vendredi matin pour rappeler un principe qui peut paraître évident, mais qui est particulièrement important. En effet, le voile corporatif protège les actionnaires, mais il implique également que ces actionnaires n'ont pas directement les droits de la compagnie. Cela implique donc que les actionnaires ne pourront faire valoir les droits de la compagnie (à moins que ce soit dans le cadre d'une action oblique). C'est ce que rappelle la Cour supérieure dans Zinoviev c. Colette (2014 QCCS 5888).
 

jeudi 4 décembre 2014

Pour être valide, la clause d'élection de domicile doit désigner un lieu précis et non susceptible de modification

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

Les tribunaux québécois reconnaissent la validité des clauses d'élection de domicile pour les fins de sélection du district judiciaire. Cette élection de domicile doit cependant être spécifique pour être valide, puisqu'on ne peut permettre à une partie d'unilatéralement changer le lieu de ce domicile subséquemment à la signature du contrat. C'est ce que souligne la Cour supérieure dans  IPL inc. c. Hübler (2014 QCCS 5892).
 

Il n'est pas possible pour un juge de première instance de prononcer la scission d'instance proprio motu

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

Un juge de première instance peut-il prononcer la scission de l'instance sans qu'une partie ne lui fasse la demande? C'est une des questions que devait trancher la Cour d'appel dans l'affaire récente de Kuchar c. Déom (2014 QCCA 2022). Or, l'Honorable juge Pierre J. Dalphond répond par la négative à la question et indique que c'est à tort que le juge de première instance a prononcé - proprio motu - la scission de l'instance.
 

mercredi 3 décembre 2014

N'est pas un préjudice irréparable un délai dans le paiement d'une somme d'argent

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

Décidément, c'est la journée des jugements rendus sur les demandes de sauvegarde par l'Honorable juge Stephen W. Hamilton. En effet, dans l'affaire Oliveri c. Ruberto (2014 QCCS 5745) le juge Hamilton indique que le délai pour une partie de recevoir paiement, bien que dérangeant, ne constitue pas un préjudice irréparable justifiant l'émission d'une ordonnance.

L'application parfaite du critère de l'urgence en matière d'injonction

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

Vous savez que le sujet me tient à cœur parce que je participe très souvent à des auditions dans le cadre d'injonctions provisoires et d'ordonnances de sauvegarde (et parce que je n'arrête pas d'écrire sur le sujet...). Selon moi, l'urgence en la matière nécessite la satisfaction de deux éléments, i.e. (a) la diligence, i.e. le fait d'avoir déposé ses procédures le plus rapidement possible et (b) l'imminence de la conséquence que l'on tente d'éviter. C'est pourquoi j'attire votre attention sur toutes les décisions qui appliquent bien ce test comme c'est le cas pour le jugement rendu par l'Honorable Stephen W. Hamilton dans 9179-4685 Québec inc. c. 9052-9645 Québec inc. (2014 QCCS 5747).

mardi 2 décembre 2014

La présence du cabinet qui détient un montant en fidéicommis n'est pas nécessaire à la solution complète du litige

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

Il arrive régulièrement - pour une multitude de raisons - qu'une somme contestée est placée dans le compte en fidéicommis d'un cabinet d'avocats jusqu'à ce que jugement intervienne sur le débat engagé. Or, dans Investissements GMN inc. c. Gestion S. Bisaillon inc. (2014 QCCS 5165), l'Honorable juge Louis J. Gouin indique que la présence au litige du cabinet qui détient de telles sommes n'est pas nécessaire à la solution complète du litige et qu'il ne devrait donc pas être partie au litige à titre de mise en cause.

Le remboursement des honoraires extrajudiciaires ne sera ordonné qu'en cas d'abus de procédures

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

Nous avons à plusieurs reprises souligné l'importance de distinguer l'abus de droit pré-judiciaire et l'abus de la procédure. Outre certains cas exceptionnels, ce n'est que le deuxiéme qui pourra être sanctionné par une condamnation à rembourser les honoraires extrajudiciaires encourus. L'affaire Fortin c. Brousseau (2014 QCCS 5328) illustre bien ce principe.
 

lundi 1 décembre 2014

S'il n'est pas possible de demander la modification d'un contrat par voie d'ordonnance de sauvegarde, on peut cependant demander la suspension de certaines modalités

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

Comme nous l'avions indiqué ce matin, nous revenons cet après-midi sur la décision récente rendue par l'Honorable juge Stephen W. Hamilton dans Adams c. Smerchanski (2014 QCCS 5578). Cette fois, ce qui nous intéresse est l'enseignement du juge Hamilton à l'effet que s'il n'est pas possible d'obtenir la modification d'un contrat par voie d'ordonnance de sauvegarde, il est possible pour la Cour de suspendre certaines modalités contractuelles.
 

La partie défenderesse à un recours en oppression peut demander l'émission d'une ordonnance de sauvegarde même si elle n'est pas une plaignante au sens de l'article 241 L.C.S.A.

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

La décision récente rendue par l'Honorable juge Stephen W. Hamilton dans Adams c. Smerchanski (2014 QCCS 5578) est à ce point intéressante que nous lui dédierons un deuxième billet cet après-midi. Pour l'instant, elle nous intéresse parce que le juge Hamilton y indique que la partie défenderesse dans un recours en oppression peut demander l'émission d'une ordonnance de sauvegarde même si elle n'est pas une plaignante au sens de l'article 241 L.C.S.A.