mercredi 23 avril 2014

Nul besoin de connaître l'étendue exacte des dommages subis pour que la prescription commence à courir

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

Nous discutions déjà de la question le 24 mars dernier, mais elle est importante et mérite un retour. En effet, la prescription est une question des plus sérieuses en matière civile. Dans l'affaire Rosenberg c. Canada (Attorney General) (2014 QCCS 1593), l'Honorable juge Stephen W. Hamilton rappelle que la prescription commence à courir dès que naît la cause d'action (faute, dommage, lien de causalité) et ce même si l'on ne connaît pas l'étendue exacte des dommages subis.

Alléguant que le Défendeur a abusivement et de mauvaise foi refusé de louer des locaux dans un immeuble qui appartient aux Demandeurs, ces derniers intentent des procédures en dommages au montant de 21 833 000$.
D'avis que ces procédures sont manifestement mal fondées et prescrites, le Défendeur demande le rejet préliminaire de celles-ci.
Sur la question de la prescription, les Demandeurs plaident qu'ils ne pouvaient prendre recours avant 2011 puisque c'est à date qu'ils ont pu quantifier l'étendue des dommages subis. Le Défendeur, lui, plaide que dès 2005 ou 2007 au plus tard les Demandeurs savaient qu'il n'allait pas louer des locaux dans l'immeuble des Demandeurs.
Le juge Hamilton, apprend une analyse de la trame factuelle du dossier, en vient à la conclusion que le recours est manifestement prescrit et doit être rejeté au stade préliminaire. À cet égard, il rappelle qu'il n'est pas nécessaire de connaître l'étendue complète de ses dommages pour que naisse la cause d'action:
[16]        As a result, by May 30, 2007, the Plaintiffs knew that the Department of Public Works was refusing to deal with them, that the Department of Public Works had been interested in dealing with Mr. Wertzberg and that the Department of Public Works did in fact deal with Mr. Hylander, all in relation to the Building and all in the same time frame.  This was sufficient knowledge of the fault. 
[17]        The alleged damage is the diminution in value of the Building.  This loss was suffered when the decision not to lease from the Plaintiffs was made, but again the Plaintiffs could not have been aware of that.  They kept trying to lease the building to the Department of Public Works and to third parties from 2004 to 2006.  Their damage was crystallized when they sold the Building, without any tenant, on March 29, 2006. 
[18]        The causal link between the fault and the damage was also known, by the latest, on May 30, 2007. 
[19]        The Court of Appeal stated the test for the starting point of the prescription period as follows: 
Or, la jurisprudence établit sans ambiguïté que le point de départ de la prescription extinctive est le premier moment où le titulaire du droit aurait pu prendre action pour le faire valoir. 
[20]        Counsel for the Attorney General argued that everything in the Plaintiffs’ Introductory Motion for Damages dated November 9, 2011 was known to the Plaintiffs on May 30, 2007, except for the paragraphs 35 and 49 relating to the sale of the Building in 2011, such that the Plaintiffs could have filed exactly the same action in 2007 save for those two paragraphs.   
[21]        The principal relevance of those paragraphs relates to the quantum of damages, in that the Plaintiffs use the 2011 sale price as evidence of the value of the Building with the Department of Public Works as tenant.  The fact that the Plaintiffs did not have that element of proof in May 2007 did not prevent them from suing.  It is sufficient that they knew that they had suffered damages.  The amount of the damages need not be known with precision and can be amended later based on the evidence and expert reports as the case progresses.
Référence : [2014] ABD 162

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