jeudi 10 mai 2012

Une défenderesse en garantie ne peut présenter de la preuve dans le seul objectif d'appuyer la demanderesse principale

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

Une défenderesse en garantie peut-elle appuyer la position de la demanderesse principale au mérite d'un dossier et présenter de la preuve à l'appui de cette position? C'est la question intéressante à laquelle devait répondre l'Honorable juge Brian Riordan dans Conseil Québécois sur le tabac et la santé c. JTI-MacDonald Corp. (2012 QCCS 1869).

Cette décision s'inscrit dans le contexte des deux recours collectifs afférents à l'industrie du tabac, dont vous avez sans aucun doute entendu parler dans les médias récemment. Dans le cadre de ces recours, les Défenderesses ont instituées des actions en garantie contre le Gouvernement fédéral du Canada.

Ce dernier dépose un nombre de rapports d'expert au dossier. Les Défenderesses, d'opinion que certains de ces rapports sont affectés de vices indéniables, demandent le rejet préliminaire de ceux-ci. Dans le jugement cité en rubrique, le juge Riordan décide de la première de ces demandes.

Dans le cadre de leur requête, les Défenderesses plaident que le rapport en question n'est pas pertinent à l'action en garantie et que son seul propos est d'appuyer la position présentée par les Demandeurs principaux. Le Défendeur en garantie nie cette prétention et ajoute que, de toute façon, rien ne s'oppose à ce qu'il présente de la preuve pour appuyer la position des Demandeurs principaux.

Le juge Riordan donne tort au Gouvernement du Canada sur ce point. En effet, il est d'opinion qu'une défenderesse en garantie ne peut déposer au dossier de la Cour de la preuve que dans la mesure où elle est pertinente à l'action en garantie:
[10] The Companies plead that all that Canada can do in the principal action is "merely contest the demand" against them by the Plaintiffs and no more, i.e., it cannot support that demand. They point out the well-accepted fact that, although generally heard jointly and decided in the same judgment, the principal action and the action in warranty are two distinct and separate instances. As such, they argue, unless special rules are established, as in article 219, they are not to be consolidated into one evidentiary pool. 
[11] Canada contested that using article 314 of the Code of Civil Procedure that states that any party with opposing interests may cross examine a party's witness "on all the facts in issue", adding that the Companies' position was tantamount to a disguised request to disjoin the actions in warranty from the principal actions. 
[12] With respect, the Court cannot adhere to Canada's position, and this, for several reasons. 
[13] Article 314 is a rule of general application that does not specifically target actions in warranty. As such, for purposes of actions in warranty, being separate and distinct instances from the principal actions, the "opposing interests" and "facts in issue" mentioned in the article must be read as referring to the interests and facts in the action in warranty and not as including those of the principal action. To hold otherwise, would contradict the more specific provisions of article 219 that limit the role of the defendant in warranty. 
[14] Simple logic and basic rules, including article 55 C.C.P., also militate in favour of this interpretation.  
[15] Other than for reasons of masochism or altruism, a defendant in warranty would not want to support the case of the principal plaintiff, for the latter's failure leads inextricably to the former's success. And neither of those motives suffices in law to provide standing or "a sufficient interest" in a dispute. The defendant in warranty therefore has no standing to intervene in favour of the principal plaintiff. 
[16] Consequently, the Court agrees with the Companies' position on this first argument. As a result, in order for the Report to be admissible, it must be relevant to the actions in warranty. In analyzing that, we shall look first at the two subsidiary elements identified by the Companies: compensation and misrepresentations or denials.
Le texte intégral du jugement est disponible ici: http://bit.ly/IZorbJ
 
Référence neutre: [2012] ABD 145

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Notre équipe vous encourage fortement à partager avec nous et nos lecteurs vos commentaires et impressions afin d'alimenter les discussions à propos de nos billets. Cependant, afin d'éviter les abus et les dérapages, veuillez noter que tout commentaire devra être approuvé par un modérateur avant d'être publié et que nous conservons l'entière discrétion de ne pas publier tout commentaire jugé inapproprié.