vendredi 26 septembre 2014

L'autorisation pour la partie intimée de déposer une expertise au stade de l'autorisation d'un recours collectif est exceptionnelle et ne peut avoir lieu que lorsque la trame factuelle est particulièrement complexe

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

L'audition de la requête en autorisation d'instituer un recours collectif étant une procédure sommaire, on aurait pu croire qu'il ne serait jamais possible pour une partie intimée de déposer une expertise à ce stade. Cependant, les tribunaux québécois ont parfois permis un tel dépôt. Dans Dupuis c. Polyone Canada inc. (2014 QCCS 4444), l'Honorable juge Thomas M. Davis souligne cependant qu'une telle permission est exceptionnelle et ne se justifie que lorsque la trame factuelle est particulièrement complexe.
 

Dans cette affaire, au stade de l'autorisation du recours collectif, l'Intimée demande la permission d'interroger le représentant et de déposer le rapport d'un ingénieur à propos des causes de la contamination d'eau. Le Requérant conteste ces demandes, les jugeant non pertinentes au stade de l'autorisation.
 
Après analyse, le juge Davis est d'accord avec le Requérant. Même s'il note que la production par la partie intimée à une requête en autorisation d'une expertise a déjà été permise dans d'autres dossiers, il souligne qu'il s'agissait de cas où la trame factuelle était nébuleuse et complexe. En l'instance, il est d'avis que ce n'est pas le cas.
 
Ainsi, s'il concède que l'expertise serait probablement pertinente au mérite de l'affaire, il est d'avis qu'elle n'est pas appropriée à ce stade:
[17]        A number of judgments of this Court have allowed the production of an expert report at the authorization stage.  
[18]        In Bélair v. Bayer Justice Paquette allowed the production of an expert’s report, explaining her decision to do so as follows: 
Plus précisément, l’éclairage d’un expert sera utile pour interpréter les informations contenues aux dossiers médicaux communiqués et ainsi déterminer, même prima facie, si les effets secondaires que M. Bélair allègue peuvent être reliés à sa prise d'une dose unique d'Avelox. 
[19]        It is apparent that the factual issues were significantly more complex than the issues in the present matter. In addition, Justice Paquette acknowledges that the production of an expert’s report at the authorization stage is exceptional. 
[20]        Applying these principles to the present matter, the Court agrees with Polyone that the allegations in the motion concerning the cause of the water contamination are somewhat summary. However, taken as true, they appear to be sufficient to meet the criteria of article 1003 C.C.P. 
[21]        Firstly, it is not disputed that the water system of Saint-Rémi was compromised during the period in question. Secondly, the cooling tower from which the contamination is alleged to have occurred is connected to the town’s water supply. Thirdly, paragraph 2.17 of the motion makes reference to a statement by a representative of Polyone, which would have been unnecessary, but for the potential responsibility of Polyone. Finally, exhibit R-6 also alludes to the potential responsibility of Polyone. 
[22]        In the Court's view, the allegations meet the test of being “des allégations de faits palpables”. They go beyond mere speculation or hypothesis, and permit “une compréhension minimale convenable du litige.” 
[23]        In addition, the CH2M Hill report does not allow the Court to arrive at the conclusion, proposed by Polyone: that the allegations of Dupuis on its responsibility are false. 
[24]        Firstly, the report acknowledges a water loss from the cooling tower. 
[25]        Second, it also refers to a 15 minute timeframe between 12 P.M. and 12:15 P.M. on December 19, 2013, where there may have been a potential pathway for the water from the cooling tower to enter the potable water supply. That the process water might have taken this pathway was excluded based on the reports of the plant operator reviewed by the report’s authors. 
[26]        Finally, the conclusions of the report are based solely on a post event inspection and rely heavily on the observations of Polyone's representatives. Therefore, the assumptions of the report can only be adequately verified by cross-examination of these representatives. 
[27]        The Court concludes that while the information contained in the report may well be relevant at the hearing of the merits of the motion, should it be authorized, that its production is not appropriate at this juncture.
Référence : [2014] ABD 385

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