lundi 25 février 2013

La Cour canadienne de l'impôt a la juridiction exclusive pour entendre une requête en homologation d'une transaction fiscale

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

La Cour supérieure du Québec est le tribunal de première instance de droit commun de la province. Ainsi, à moins qu'une loi particulière donne à une autre Cour ou à un tribunal administratif la juridiction exclusive pour entendre certaines affaires, la Cour supérieure est compétente pour ce faire (à moins que, dans les cas où la loi le permet, les parties lui retirent conventionnellement cette compétence comme pour l'arbitrage par exemple). Or, en matière fiscale, le législateur fédéral a choisi de confier une juridiction exclusive à la Cour canadienne de l'impôt en ce qui a trait à la contestation des cotisations fédérales. Par le fait même, selon l'Honorable juge Mark G. Peacock dans Stephkan Holdings Inc. c. Canada Revenue Agency (2013 QCCS 643), c'est cette même Cour qui a la juridiction exclusive pour entendre une requête en homologation d'une transaction fiscale.
 

Dans cette affaire, les Demanderesses soumettent à la Cour une requête en homologation d'une transaction. Elles allègue qu'une transaction est intervenue avec l'Agence fédérale du revenu à l'effet que cette dernière n'effectuerait pas des ajustements à leurs revenus taxables dans la mesure où les Demanderesses posaient certains gestes. Or, ces dernières allèguent que, nonobstant leur respect de ces conditions, la Défenderesse a quand même ajusté leurs revenus taxables.
 
La Défenderesse dépose une requête préliminaire par laquelle elle conteste la juridiction de la Cour supérieure pour entendre l'action des Demanderesses. Elle plaide que c'est la Cour canadienne de l'impôt qui a juridiction exclusive en l'instance.
 
Après analyse, le juge Peacock se rend aux arguments de la Défenderesse:

[14] Although the present case does not concern judicial review of a tax assessment, it does provide a close analogy. Here, the parallel track that the Taxpayers seek to ride is that of homologation, instead of judicial review. As their counsel ably and candidly argued, the Taxpayers intend to use the Settlement Agreement – once homologated – as a defence against any execution proceedings by the C.R.A. based on the impugned assessments. The Taxpayers, by seeking to have the Settlement Agreement homologated, are effectively circumventing the Tax Court of Canada's appeal process for the impugned assessments provided for by Parliament in the Income Tax Act. The real litigation here is the validity of those impugned assessments in light of the Settlement Agreement. 
[15] This Court interprets Canada v. Addison& Leyen Ltd. to require the following. The Taxpayers should first of all object to the impugned assessments to the Minister. If unsuccessful, the impugned assessment could be contested before the Tax Court of Canada, with the Taxpayers raising the Settlement Agreement as a defence. This specialized court is in the best position to ensure a uniformity of jurisprudence in this complex area by adjudicating on these inextricably connected issues: the validity of the Settlement Agreement and the impugned assessments. Whereas the Superior Court could only hear the homologation application, the Tax Court of Canada has the necessary jurisdiction to hear the whole matter, including the legal effect of the Settlement Agreement on the impugned assessments. 
[16] To dismiss the C.R.A.’s Motion for Declinatory Exception and permit this case to be heard on the merits of the homologation would run counter to the Supreme Court of Canada’s guiding principle in Canadav. Addison & Leyen Ltd. and would not be a judicious use of the court’s resources – nor those of the federal government who otherwise may have to provide the legal representation for the C.R.A. before the Tax Court of Canada and the Superior Court.

Le texte intégral du jugement est disponible ici: http://bit.ly/WkYbK7

Référence neutre: [2013] ABD 80

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