lundi 14 mai 2012

Le dépôt en preuve de photos et d'enregistrement vidéos de ses voisins ne déconsidère pas l'administration de la justice

par Karim Renno
Irving Mitchell Kalichman s.e.n.c.r.l.

Les chicanes entre voisins donnent souvent lieu à beaucoup d'acrimonie. La preuve en la matière est souvent constituée de photos et d'enregistrements vidéos pris à l'insu de la partie adverse. Dans l'affaire Thibault c. Walker (2012 QCCS 1916), l'Honorable juge Stéphane Sansfaçon devait décider si des photos et enregistrements vidéos des voisins alors qu'ils sont sur leur propriété sont admissibles en preuve ou si ils déconsidèrent l'administration de la justice.


Dans cette affaire, les Demandeurs poursuivent leurs voisins en dommages et pour l'obtention d'une injonction en raison du comportement prétendument harcelant et fautif de ces derniers. 

Dans le cadre de leur preuve, les Demandeurs désirent déposer des photos et des enregistrements vidéos qu'ils ont capté secrêtement des Défendeurs. Ces derniers s'objectent au dépôt de cette preuve, faisant valoir que de tels photos et enregistrements captés alors qu'ils étaient sur leur propre propriété violent leur droit à la vie privé et déconsidèrent donc l'administration de la justice.

Le juge Sansfaçon ne voit pas les choses de la même façon. Il est d'avis que cette preuve est admissible:

[40] The basis of the objection is that the pictures and videos show the Walkers mainly on their private property, which is hidden from public view by a large cedar hedge. Therefore, plead the Walkers, the pictures and videos are “inadmissible by law under article 2858 due to breach of right to privacy under articles 35 and 36 of the C.C.Q. as well as articles 4 and 5 of the Quebec Charter of Rights and Freedoms”. 
[41] Furthermore, plead the Defendants, “the evidence provided by the Plaintiffs to prove the Defendants’ fault is inadmissible as the material evidence (i.e. pictures and videos) was never individually authenticated as required by articles 2855 and 2874 of the Civil Code of Quebec (C.C.Q)”. 
[42] The Court will not sustain these objections. 
[43] It is true that almost all the pictures and videos were taken without the Walkers knowing that they were being filmed. To be more precise, the proof rather shows that the Walkers knew that they were filmed almost continuously, and it would be more precise to say that they could not know when they were not being filmed. 
[44] But the Court cannot conclude that the pictures and videos are inadmissible simply because they show the Walkers on their private property. They are presented as proof of the Walkers' gestures and actions directed against the Plaintiffs, or so the Plaintiffs claim, as will be discussed later. 
[45] It is obvious that a video or pictures taken from a window, showing an act by a neighbour on his property, directed at the Plaintiff must be accepted as proof. In such circumstances, the use of such elements of proof would not tend to bring the administration of justice into disrepute.
Le texte intégral du jugement est disponible ici: http://bit.ly/KcoWdS

Référence neutre: [2012] ABD 150

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